QUELQUES NOMS DE LIEUX EMBLÉMATIQUES DE VACQUIERS
La toponymie (du grec ancien : τόπος / tópos « lieu » et ὄνομα / ónoma « nom ») est la discipline linguistique qui étudie les les noms propres désignant un lieu. Elle recherche leur signification, leur étymologie, leur évolution.
En outre, la toponymie s'intéresse aux contextes et motivations de la détermination des noms de lieux et à leur impact sur ses habitants. À ce titre, elle relève des sciences sociales comme l'histoire, la géographie, mais aussi la sociologie, l'anthropologie, ou l'archéologie et utilise les démarches et les outils de ces champs scientifiques.
Les changements phonétiques, phonologiques et morphologiques qui affectent généralement les noms de lieux au point de les rendre opaques, ont suscité des interprétations des plus fantaisistes (telles les étymologies populaires) de la part d'auteurs qui ignorent ou négligent la méthode scientifique mise en place par les philologues et les linguistes.
Marqueurs tangibles et symboliques des sociétés humaines, les toponymes sont l'objet d'importants débats de société, et sont traversés par plusieurs dynamiques d'appropriation (normalisation linguistique, patrimonialisation, instrumentalisation politique).
[d'après Wikipédia]
SAMOUNET
Ce toponyme (chemin et lieu-dit Samounet) apparaît dans l’État de Sections correspondant au plan napoléonien de 1818 pour les parcelles 136 à 141 Section A 1ere feuille .
Il figure sur les cartes actuelles près de la Font Grande et du lavoir.
2) Sur le compoix de 1701 de Vacquiers (accessible sur le site du foyer rural et sur le site des Archives départementales), le toponyme de Samounet n’apparait pas.
Mais dans la même zone géographique de la Fongrande (plan ci-dessous) se trouve le lieu-dit Saint Bonnet (San Bounet en graphie phonétique occitane).
Le nom propre Bonet (Bonnet en Français) correspond bien à un saint chrétien ancien (Saint Bonnet de Clermont au VIIe siècle), fréquemment présent dans la toponymie du Sud de la France sous des formes occitanes (Sant Bonet, San Bonet).
Sur le plan phonétique pur, l’évolution San Bonet – Sam Bonet – Samonet – Samounet est une chaîne d’évolution plausible.
Ceci rend cette hypothèse culturellement crédible, compte tenu du contexte local précis :
- La monographie D’Adrien Escudier sur Vacquiers cite dans le dénombrement des biens de la communauté rédigé en octobre 1688 un communal dit de la Font Grande, traversé par le chemin allant de la place à Saint Bonnet, contenant environ deux pugnérées, sur lequel il y a une petite fontaine « bastie de briques » de laquelle la communauté à l’usage de tout temps (page 103).
Le cahier paroissial de Vacquiers qui retrace la vie religieuse dans la paroisse au XVII et XVIIIe siècle indique l’obligation de fêter solennellement les fêtes de St Bonnet le 15 janvier (page 136).
Le mémoire des charges qui sont en l’église de Vacquiers et que le recteur doit garder et conserver prévoit que le 15 janvier, on solennise la fête de St Bonnet, on va en procession à la croix qu’on nomme de St Bonnet, la messe est célébrée, et le lendemain on fait « feste d’amis » (page 173).
Enfin le 2e jour des rogations, on va au communal qui va vers Toulouse, où l’on dit le premier évangile et un autre à la croix qui s’en va à Lucas, et un autre près du pont de Castanet et de là droit à Saint Bonnet où on dit un évangile...(page 175).
- Dans sa nouvelle Histoire de Vacquiers, Christian Teysseyre indique que Saint Bonnet se trouve au début de la route de Montjoire (couchant et septentrion) – ayant au levant le rieu Mayral dit de Saint Bonnet, au midi le chemin de Vacquiers à Bourboune (Montastruc). Par ailleurs, le lieu proche als Bonets se situe sur les lieux-dits « la barge » ou/et « La fon ».
Il y a un chemin qui va du fort à Saint Bonnet, et un autre chemin qui va de Saint Bonnet à Labeuradou. Le chemin de Vacquiers à Saint Bonnet est au midi du communal de La fon.
« Comme nous l’avons déjà indiqué, on peut penser que Saint-Bonnet se trouvait à Samounet.
Ceci correspond aux données topographiques relevées sur le compoix….
Enfin, on ne saurait exclure que Samounet est une contraction de Sant-Bounet. »
En conclusion, l’évolution San Bonet – Samounet est linguistiquement possible et peut correspondre à une mauvaise traduction du scribe cadastral.
Compte tenu du contexte local précis avec mention ancienne explicite du saint et culte local associé à Saint Bonnet, on peut affirmer que les lieux-dits Samounet et Saint Bonnet (san bounet en occitan) ne font qu’un.




